Voyager (en Europe) en train #2
- celinegranetcg
- 29/08/2023
- 14:52
Si vous avez lu mon article Voyager(en Europe) en train #1, vous savez quel était mon parcours estival et ferroviaire. Nous avions décidé des vacances sans voiture, sans avion et sur rail. Direction l’Autriche tout d’abord, puis cap à l’Ouest direction la Suisse.
Notre périple a démarré en Gare de Bordeaux Saint Jean pour ensuite rejoindre Paris où nous devions vivre une grande première pour nous tous: prendre un train de nuit!
Le train de nuit: une belle première expérience….à améliorer
Le premier train que nous avons pris était un TGV OUIGO reliant Bordeaux (notre lieu de résidence) à Paris Montparnasse. Ensuite direction la Gare de l’Est pour prendre un ÖBB Nightjet (train de nuit) reliant Pais à Vienne (capitale autrichienne). Sur le plan du confort, le TGV remporte la manche sans difficulté.
Convaincue par le train de nuit, pour remplacer en Europe les voyages en avion, il n’en reste pas moins que le niveau de confort du train couchettes (seule option pour nous qui voyagions à 4) reste à améliorer. Pour des personnes de grande taille par exemple (plus d’1,80 m), la couchette est trop courte. De même l’épaisseur de la couchette ne lui permet pas d’être considérée comme un lit. Enfin, l’épaisseur des oreillers fournis par la compagnie est réduite à la portion congrue, ce qui peut ne pas être suffisant pour une majorité de passagers. Penser donc à prévoir un oreiller gonflable de camping si vous avez besoin d’épaisseur pour dormir.
De même, contrairement à ce que j’avais compris sur le site, le compartiment du train ne contenait pas de douche mais uniquement des toilettes, ainsi que 2 cabines lavabo pour se brosser les dents et pour une éventuelle toilette de chat. Mais là aussi attention, ces espaces ne sont pas adaptés à toutes les morphologies: les voyageurs un peu grands, un peu larges ou un peu épais auront de grandes difficultés à se laver dans ces espaces exigus. Prévoir donc de bonnes séances d’assouplissements avant le départ en vacances pour espérer pouvoir se laver les dents porte fermée et surtout ensuite cracher dans le lavabo!!
Enfin côté restauration, un conseil pour le ÖBB Nighjet: prévoyez votre pique-nique pour le soir. La carte est certes « alléchante » sur le papier, le stewart ne dispose pas de tout dans son petit espace de travail, et surtout il s’agit de plats sous vide à réchauffer au micro-ondes. Un bon vieux sandwich fait maison, voire même acheté Gare de l’Est aurait été tout aussi appétissant, et économique!
Sur le plan propreté, il y a match nul entre les 2 trains (le Français et l’Autrichien). Dans le train de nuit, on nous a équipés de draps, oreillers et couvertures, tous impeccables.
On ne va pas se mentir, pour l’instant le confort du train de nuit ÖBB Nightjet est décevant….mais il devrait normalement s’améliorer car de nouvelles rames entrent progressivement en circulation! Hâte de pouvoir tester cela pour un futur Paris Berlin (liaison prévue pour fin 2023)!
Si l’on résume cette première expérience du train de nuit, je dirai que je suis totalement convaincue par le principe (d’utiliser son temps de sommeil pour parcourir les kilomètres qui séparent 2 grandes villes, plutôt que de prendre l’avion) mais que le standard de confort reste à redéfinir s’il veut combattre les avions lowcost. C’est d’ailleurs le credo de l’entreprise MidnightTrains qui doit lancer son offre d’hôtellerie sur rail en 2025.
En tous cas, malgré un retard dû à un problème technique à Gare de l’Est et une nuit finalement peu reposante (il faut savoir s’habituer au bruit du roulement du train!) quel plaisir de contempler le lever du soleil en sachant qu’on est arrivé en Autriche, et d’arriver ensuite (à l’heure prévue) en gare de Vienne, magnifique capitale européenne!
Et ce train de nuit ne constituait que la première étape de ce voyage, qui nous a démontré que la vie sans voiture…nous plaît beaucoup!
Le train, en toute simplicité!
Parce qu’il s’agissait de notre première expérience de vacances, en Europe, 100% sans voiture, nous avions tout de même essayé de commencer « facile » en ciblant 2 pays réputés pour leur investissement dans le rail. Oui car l’Autriche et la Suisse investissent par habitants presque 10 fois plus que ce que fait la France (en même temps ce n’est pas difficile vu que la France est dans les derniers pays européens en la matière).

Notre choix sur ces 2 pays a vraiment été à la hauteur de nos espérances! Y prendre le train a été d’une simplicité et d’une facilité parfois déconcertantes pour les Français que nous sommes.
Simplicité tout d’abord car la quasi totalité des trains (y compris les Express Régionaux, équivalents de nos Intercités) sont sans réservation. Une simple saisie sur notre application Interrail suffisait donc pour indiquer notre itinéraire, ce qui nous produisait automatiquement un billet à présenter lors des contrôles!
Simplicité ensuite car les trains y sont fréquents. Nous n’avons donc pas eu à caler notre programme sur les horaires des trains, mais avons pu au contraire envisager de rester plus ou moins sur un lieu tout en changeant d’horaire de trains (qui parfois passaient à 20 minutes d’intervalle seulement!). Par exemple, un train circule toutes les heures entre Wien et Salzburg.
Simplicité enfin car ce mode de transport nous a semblé….tellement plus agréable que la voiture (qui aurait été notre option alternative pour un tel périple):
- pas besoin de se préoccuper de faire le plein d’essence (dont le litre était à 2€ voire plus dans les 2 pays visités)
- pas besoin d’identifier d’endroits où garer la voiture (nous étions principalement en ville, ce qui n’aurait pas forcément facilité la tâche)
- pas besoin de payer de parking
- pas besoin de laisser la voiture refroidir après avoir stationné en plein soleil (tous les trains présentaient le grand confort d’être climatisés)
- possibilité de faire un somme pendant le trajet si nécessaire, ou d’entamer une partie de cartes
- possibilité de profiter à 100 % du paysage (magnifique dans les 2 pays) pendant l’intégralité du voyage, sans avoir à se préoccuper du tracer de la route et du GPS (ou de la bonne vieille carte routière).
Après ce voyage, nous n’avons (en famille et en concertation) identifié qu’un seul inconvénient à ce mode de transport: celui de devoir porter ses bagages entre la gare et le lieu de séjour! Cela ne nous semble pas l’emporter sur tous les avantages identifiés, d’autant que ce point « négatif » nous a permis de découvrir les consignes dans les gares, qui permettent de laisser les bagages en sécurité le temps de visiter la ville (et donc sans avoir à les porter). En Autriche le tarif est le même dans toutes les gares: de 2 € pour le petit à 4,50€ pour le très grand contenant (qui nous a servi pour nos 4 grands sacs)pour 24 heures de consigne.
Une expérience impossible en voiture…le Glacier Express
Ce que nous a permis ce voyage en train c'est également de prendre le "Train express le plus lent du monde" j'ai nommé le Glacier Express, qui nous a fait cheminé au milieu des montagnes, traversé un col à plus de 2000 m d'altitude, le tout en dégustant un déjeuner, servi en voiture, à l'assiette...dans un standing digne d'un restaurant! Et pour pleinement profiter de la vue durant le voyage, un toit panoramique!![]()
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Des alternatives à la voiture
Parce que j’entends déjà la remarque « Oui mais du coup vous êtes restés que dans des villes », il me semble nécessaire d’évoquer les autres alternatives à la voiture que nous avons (ou aurions pu) utilisé au cours de ce séjour.
En Autriche et en Suisse, des lignes de bus (PostBus) vous permettent d’aller vous promener hors des villes sans difficulté. C’est que nous avons fait entre Salzbourg et le WolfgangSee. De même, il arrive – comme à Innsbrück, qu’une ligne de tramway reliant la ville à la montagne ait été conservée pour permettre aux citadins d’aller prendre l’air. Nous avons également régulièrement opté pour les transports en commun (bus, métro ou tram) offerts dans nos lieux de résidence).
L’accès à internet depuis son téléphone portable facilite évidemment toutes les recherches pour identifier les lignes de bus à utiliser.
Nous aurions également pu envisager de louer des vélos, car aussi bien l’Autriche que la Suisse semblent tout à fait aménagées pour ce type de transports. Là encore l’idée reçue en France selon laquelle, hors des villes, le vélo est inenvisageable saute littéralement quand on traverse quelques frontières. Et l’accès en vélo aux trains est facilité par les aménagements en gare, ce qui est encore malheureusement loin d’être le cas en France!

Enfin un détail qui a son importance, c’est que de nombreux villages sont desservis par des gares dans ces pays. C’est très vrai en Suisse où il est possible de se rendre à Gruyères par exemple en train, ou de longer le Lac Léman (et s’y arrêter à chaque ville ou village) en train.
Un bilan plus que positif
Ce voyage faisait pour nous office de test, et il a été totalement concluant!
Nous avons pleinement profité des temps de trajet, dans des trains tout confort offrant un accès WIFI à bord, parfois des compartiments « silence » (RuheZone en Autriche) ou des compartiments dédiés aux familles (offrant un espace pour que les enfants soient confortablement installés devant un dessin animés), des voitures bars etc.
A aucun moment nous n’avons regretté ce choix de mode de transport. Certes en Autriche et en Suisse les trains sont assez lents, mais ils sont largement compétitifs avec la voiture. Nous n’avons connu qu’un seul vrai retard (au départ d’Innsbrück) mais dû à un problème technique en Allemagne. Pour le reste, des trains toujours à l’heure (et qui parfois affichaient un retard de …2 minutes! déconcertant pour nous !!)
Nous avons pu constater que quand les infrastructures sont développées, des vacances (et certainement une vie) sans voiture sont tout à fait possibles, quelle que soit la géographie du lieu.
Enfin niveau budget, le match est très serré entre voiture et train. A priori même le train l’emporte. En tout état de cause, on est sur un même ordre de grandeur pour le coût du transport, même à 4 voyageurs!
En conclusion
Nous sommes convaincus par ce mode de transport en vacances, et sommes prêts à retenter l’expérience. Pendant notre trajet de retour, nous évoquions déjà Stockholm, Copenhague….
En tout état de cause, voyager sans carbone c’est possible, nous avons adoré et avons hâte de recommencer! Reste à savoir si cela est possible aussi en France …. à suivre!
Un pass Interrail « validé »! Petit retour d’expérience sur l’utilisation du pass Interrail: une fois l’application installée sur son téléphone, et son pass enregistré, il est très simple à utiliser. On recherche le trajet qu’on souhaite faire, on choisit son horaire (et ses éventuelles correspondances)puis on l’ajoute sur son pass, ce qui génère un billet avec QR Code que les contrôleurs peuvent vérifier (nous avons été contrôlés à chaque trajet). Petit bémol pour nous Français (qui ne maîtrisons pas toujours la langue de Shakespeare): tout est écrit en Anglais sur l’application. Mieux vaut donc s’y familiariser avant le départ pour ne pas trop chercher ensuite!

